SUICIDE
Si le suicide touche tous les âges, dans toutes les classes sociales, on constate toutefois une évolution inquiétante chez les jeunes. 1ère cause de décès chez les jeunes de 15 à 24 ans en Suisse, première cause de décès chez les jeunes adultes entre 25 et 45 ans, cause importante de mortalité chez les personnes âgées, le suicide est une réalité de chaque jour.
Autre phénomène préoccupant, les tentatives de suicide : on estime à 1 million le nombre de personnes qui se suicide chaque année, dont 110 en Suisse. Plus troublant encore : le taux élevé de récidives.

Or, au-delà des croyances, le suicide parle avant tout de personnes. Il parle de leur souffrance, mal être, détresse. Il parle aussi des proches, de leur incompréhension, détresse, impuissance. Il parle de relation et de communication.
Mythe ou réalité ?
Fouillons nos idées préconçues et redessinons-nous une juste vision du suicide.
  • La personne qui en parle ne passe pas à l'acte
  • Faux : 75% des personnes décédées par suicide l'avaient annoncé. Quasi personne ne se suicide sans avoir fait connaître son désespoir à quelqu'un.
  • La personne suicidaire est décidée à mourir
  • Faux : ce n'est pas la mort qui est recherchée par la personne mais plutôt l'arrêt de la souffrance.
  • Le suicide est considéré par la personne comme étant la seule solution à ces problèmes.
  • Vrai : même s'il existe d'autres solutions, la personne voit seulement celle du suicide pour mettre fin à ses souffrances. La douleur est tellement grande qu'elle ne voit pas les autres solutions.
  • Jusqu'à l'acte de suicide, la personne suicidaire est hésitante entre le désir de vivre et de se tuer.
  • Vrai : malgré parfois les apparences, la personne reste toujours hésitante. Il y a toujours la présence en elle d'un minimum d'espoir de s'en sortir autrement que par le suicide.
  • Cela demande du courage pour passer à l'acte
  • Faux : la personne n'est ni lâche ni courageuse dans ce cas. Pour elle, le suicide est plutôt une absence de choix, un cul-de-sac.
  • Une personne suicidaire est une personne qui a des troubles mentaux.
  • Faux : le suicide n'est pas une maladie mentale. C'est plutôt l'expression d'une très grande souffrance. Cependant, la maladie mentale peut amener une personne au suicide.
  • Le suicide peut être chronique.
  • Faux : le suicide n'est pas chronique. Cependant, certaines personnes pensent au suicide pendant de longues périodes car elle vivent des successions de problèmes ou des problèmes que l'on pourrait considérer chroniques.
  • La tendance au suicide est héréditaire
  • Faux : il est possible qu'un suicide ait une influence néfaste sur d'autres membres de la famille. Cependant, cela résulte davantage de facteurs familiaux et/ou sociaux que génétiques.
  • Une personne qui parle d'en finir avec la vie le fait en généralement pour manipuler sont entourage.
  • Faux : il est facile de conclure au chantage émotif. Il faut plutôt constater la douleur de la personne et comprendre qu'elle ne sait pas comment demander de l'aide. Il faut percevoir ces messages comme étant des appels au secours.
  • L'amélioration consécutive suite à une tentative de suicide signifie que le risque est passé.
  • Faux : la grande majorité des récidives se produit dans les mois qui suivent la tentative de suicide.
  • Toute situation de perte, deuil, rupture (comme les situations de séparation, décès, perte d'emploi...) peut entraîner des idées suicidaires.
  • Vrai : toutes ces situations causant de grandes douleurs peuvent devenir insupportables au point de conduire une personne à désirer y échapper par la mort.
    N'abandonne surtout pas

    La mode du suicide Lorsque dans ta vie rien ne va plus, que les problèmes tourmentent ton esprit et que l'argent te cause tant de soucis...
    Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.
    Lorsque trop d'erreurs ont été commises, que tout ton univers menace de s'écrouler et que, fatigué, tu sens la confiance t'abondonner
    Repose-toi s'il le faut, mais n'abandonne surtout pas.

    Tu sais, la vie est parfois étrange, avec son lot de surprises et d'imprévus.

    Et il ne nous est pas donné de savoir à l'avance combien d'étapes nous devrons franchir ni combien d'obstacles nous devrons surmonter avant d'atteindre le bonheur, la réussite.

    Combien de gens ont malheureusement cessé de lutter alors qu'il n'aurait peut-être fallu qu'un petit pas de plus pour transformer un échec en réussite? Et, pourtant, un pas à la fois n'est jamais trop difficile.

    Tu dois donc avoir le courage et la ténacité nécessaires pour faire ce petit pas de plus, en affirmant que la vie est une grande et puissante amie qui se tient toujours à tes côtés, prête à te porter secours.

    Tu verras alors que cette attitude appellera, du plus profond de toi-même, des forces de vie que tu ne soupçonnais même pas et qui t'aideront à réaliser ce que tu entreprendras. Mais, surtout et avant tout, rappelle-toi bien :

    Quand dans ta vie, des moments difficiles viendront

    REPOSE-TOI S'IL LE FAUT,
    MAIS N'ABANDONNE SURTOUT PAS !
    La prudence est de rigueur
    lors de l'interprétation de ces signes, puisqu'ils ne sont pas nécessairement avant-coureurs d'un suicide. De plus, la personne qui est en phase de cristallisation peut sembler soulagée, heureuse, voire euphorique. L'entourage peut alors avoir l'impression que la crise est enfin terminée. Toutefois, il faut demeurer vigilant puisqu'une bonne humeur soudaine peut représenter un signe avant-coureur d'un geste suicidaire. En cas de doute, il est préférable de l'aborder directement avec la personne.
    Types de signes
    avant-coureurs
    Exemples
    Signes directs
  • Une tentative de suicide
  • "Je veux mourir, me tuer, me suicider"
  • "Je ne tiens plus à vivre"
  • "Il n'y a plus rien qui me retient"
  • Les messages verbaux indirects
  • "Bientôt, j'aurai la paix"
  • "Je pars pour un long voyage"
  • "Je suis inutile"
  • "Je n'ai pas trouvé ma place dans la société"
  • Préparatifs de départ
  • Faire ses adieux à ses proches
  • S'endetter ou payer ses dettes
  • Vérifier ou renouveler ses polices d'assurance
  • Faire son testament
  • Dons d'objets auxquels la personne tient
  • Acquisition des moyens : corde, médicaments, etc.
  • Manifestations symboliques
  • Poèmes, chansons ou dessins concernant la mort, etc.
  • Changements prononcés de comportements
  • Changement important dans le style vestimentaire
  • Négligence au niveau de l'hygiène corporelle
  • Arrêt des activités
  • Changements d'attitudes
  • Intérêts
  • Intérêt pour les choses morbides, pour la mort
  • Intérêt concernant les moyens de se suicider
  • Intérêt à propos du suicide en général.
  • Isolement
  • Retrait physique et psychologique, où la personne se coupe de son environnement
  • Contacts sociaux limités
  • La personne ne se confie pas à d'autres
  • Indices comportementaux
  • Signes d'abattement
  • Signes d'agitation
  • Indices émotifs
  • Pleurs, découragement, tristesse
  • Dévalorisation, dénigrement
  • Colère, culpabilité
  • Émotions contradictoires ou changeantes
  • Désintéressement
  • Indices intellectuels
  • Diminution de la performance scolaire et professionnelle
  • Pertes de mémoire
  • Incohérence du langage
  • Confusion
  • Indices biologiques
  • Désordres de l'appétit
  • Sommeil perturbé
  • Manifestations physiques de stress
  • Description du suicide et de ses symptômes

    Y-a-t'il un profile détectable chez les gens suicidaires?

    La souffrance est la seule et unique déterminante du profil des personnes suicidaires. La souffrance aïgue, insupportable, inlassable, l'impression que ce mal ne s'arretera jamais. Cela entraîne l'épuisement physique et moral que cette sensation provoque. Le tout, mène à la fraction de seconde déterminante. L'ultime décision: poseront-ils ou pas le geste fatal et irréversible?

    Le suicide est une décision d'impulsion déclenchée par plusieurs facteurs différents pour chacune des personnes qui ont songé, tenté ou réussi un suicide. Ces facteurs qui les dirigent ont tous la même et unique cause: la souffrance. Elle les mènent à vouloir que tout finisse à tout prix; rien d'autre n'a d'importance, jusqu'à ce que la soufrance s'arrête.

    Voici les facteurs, qui un à la fois semblent ne pas porter à conséquence mais qui, une fois accumulés, poussent les personnes au bord du gouffre. Certains s'y engouffreront et ce sera la mort, d'autres avec de l'aide, des solutions à leur problèmes et un soutien, pourront passer au travers de la crise. Voyons quel sont ces nombreux facteurs:

    • Le sentiment de ne pas être aimé
    • La peur de décevoir
    • Divorce, séparation
    • Déménagement
    • Violence
    • Abus sexuel, viol
    • Décès d'un être cher
    • Difficulté(s) à l'école ou au travail
    • Sentiment de rejet (pas d'amis)
    • Ne pas aimer son corps
    • La maladie
    • Un handicap
    • L'incapacité de s'exprimer
    • Le sentiment d'être constamment jugé(e)
    • Se sentir déprécié(e)
    • Être incompris(e)
    • L'alcool et la drogue
    • Perte d'emploi
    • Grossesse non désirée
    • Échec financier ou en affaires
    • Aller au delà de ses capacités
    • Toujours être disponible pour les autres (ne pas savoir dire non)
    • Vivre à 100 miles à l'heure
    • Accumuler les frustrations
    • Solitude
    • Peine d'amour
    Tout ces facteurs ajoutés un sur l'autre, au cours d'une vie courte ou longue selon le niveau d'endurance des individus jeunes ou vieux, finissent par créer cette souffrance permanente. À force d'avancer sans trouver de solution possible, la détresse et la souffrance accroissent et c'est souvent là que germe l'idée du suicide qui apparaît souvent au gens dans cette situation comme le seul moyen de mettre fin à cette souffrance.

    Y-a-t'il un profil commun chez les personnes suicidaires?

    Un profil, oui et non, on ne peut pas parler d'un profil puisque pour chaque personne les réactions sont différentes dans la majorité des cas. Il y a des signes de dépression profonde, des symptômes pour certains, des signes pour d'autres.

    Quel sont ces signes ou symptômes:

    • Un changement de comportement
    • Une tristesse
    • Une incapacité de réagir à l'entourage
    • Perte de l'appétit
    • Insomnie ou longues périodes de sommeil
    • Pleure pour un oui ou pour un non
    • Est toujours en mouvement
    • Impossible d'avoir une conversation cohérente
    • Désintéressé à ce qu'il se passe
    • Consommation anormale d'alcool ou de médicaments
    • Fait don de ses choses, même les plus précieuses
    • Fait allusion à un long voyage
    • Se sent inutile
    • Aggressivité incontrôlable
    • Perte d'intérêt pour ceux qui l'entoure
    • Se fou de tout
    En conclusion, le suicide est l'aboutissement inévitable d'un mal d'être, du désespoir de l'âme. C'est pourquoi il faut en parler, car le suicide, ce geste complexe et individuel, n'a pas nécessairement de profil dépistable puisque, comme nous avons pu le constater, c'est l'accumulation de plusieurs facteurs de la vie courante. C'est un élément déclencheur qui amène la personne à choisir d'en finir.

    Les signes avant-coureurs sont différents d'une personne à l'autre. Ils font que le suicide soit encore aujourd'hui un questionnement complexe pour chacun de nous.
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